La presse web captivée par l’information gratuite
Ce n’est pas une première et ce n’est sûrement pas non plus la dernière fois qu’on en parle : la presse rapporte, partout sur la surface du globe, cette nouvelle problématique qui la tracasse, qui la fait s’interroger sur un transfert éventuel du modèle payant financé par les abonnements au modèle gratuit qui se maintient par la publicité.
La rubrique économie du Temps (LeTemps.ch) publiait le 25 octobre un entretien sur le sujet avec la directrice déléguée du Monde.fr, Elodie Buronfosse. En substance, elle indiquait en quoi leur stratégie se différenciait de celle du New York Times : “Nous comptons près de 90000 abonnements. Et surtout, les revenus issus de ces abonnements dégagent 40% de notre chiffre d’affaires.“
De son côté, le Times considère que cette ouverture au tout-gratuit permet d’augmenter la part de ses lecteurs et d’augmenter ses revenus vis-à-vis de la perte occasionnée par la restriction “à l’abonnement“. Un manque à gagner en somme.
Mais depuis le début de l’année, un doute s’est installé. “Le taux de croissance des publicités des journaux en ligne est passé de 33,2 % au cours du second trimestre de 2006 à 19,3% pour la même période en 2007” rapporte canoe.com d’après les dires de la Newspaper Association of America. Cela n’a en tout cas pas découragé le Financial Times et le Wall Street Journal de lancer dans la foulée des mesures similaires d’ouvertures à une information plus gratuite de leur site.
Exception faites pour le Financial Times qui garde toute de même une catégorie puissante d’abonnés, un peu à la manière du Monde.fr finalement, “fort de ses contenus spécialisés” tente d’expliquer lexpansion.com. FT.com enregistre d’ailleurs une progression de +12% de ses abonnements payants entre juin 2006 et juin 2007.
Si au premier abord, ce système publicitaire semble dominer de la tête aux pieds désormais le modèle financier des sites d’information, il serait judicieux d’en garder un peu sous la rotule. C’est ce qu’essaye d’ailleurs d’expliquer, à propos de la presse urbaine gratuite cette fois-ci, Antoine de Tarlé, conseiller du groupe Ouest-France, dans son blog : “Aujourd’hui, aucun des trois gratuits, y compris le dernier né, Matin Plus n’a atteint un équilibre financier. On peut estimer que depuis les premiers lancements en 2002, les greatuits d’information ont globalement perdu près de cent de millions d’euros.“
Alors, cette crise des gratuits, couplée à la crise que connait plus globablement la presse quotidienne, fera-t-elle l’affaire de la presse web ?
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