L’avenir de la presse traditionnelle entre “cannibalisation” et “bi-média”

La presse traditionnelle est-elle morte ? Entre crise interne et montée en puissance de nouveaux médias, la doyenne de l’information doit réagir. Modèle économique dépassé, popularité remise en question. Comment la presse écrite peut-elle légitimer son rang ?débat internet

Au cours du XXème siècle, la radio puis la télévision lui ont contesté son trône de Média de l’information. La presse plie mais ne rompt pas. Elle est encore aujourd’hui ballottée par un nouveau prétendant de poids. Quels sont ses arguments pour résister, au XXIème siècle, à l’ère Internet ?

Commençons par cette phrase de Hegel  « La lecture des journaux est comme une sorte de prière du matin moderne ». Son aspect traditionnel lui est parfois reproché pourtant c’est bien là un de ses points forts. Le papier a de la valeur et les lecteurs y sont encore très attachés. C’est une habitude, un rite, qui sera difficile à faire oublier. D’autant que la lecture sur écran n’est pas encore assez confortable pour pouvoir la concurrencer.

De plus, les éditions de presse écrite sont empreintes d’une longue histoire, d’un savoir-faire rodé et d’un ensemble de normes établies. En cela, le métier de journaliste prend toute sa dimension. Le journaliste n’en fait pas qu’à sa tête. Il est chargé d’une confiance établie et de missions incontournables: vérification, analyse, recherche… A tel point, qu’au fil du temps, certains journaux sont devenus paroles d’évangiles.

Enfin, dans ce contexte de crise, un acteur semble faire exception: la Presse Quotidienne Régionale. La PQR est en effet encore confortablement installée (et pas encore inquiétée) dans son monopole local. D’autant que la politique des quotidiens régionaux est de faire payer le contenu local de leur site web ; et que personne encore ou presque ne semble se lancer sur le secteur.

Internet, aujourd’hui, est plus incontournable qu’hier et moins que demain. Le journalisme est voué à y être confronter tant dans son métier en terme de recherche et d’échange d’information que dans son développement économique. Faute de ne pouvoir y faire face, ou véritable opportunité, beaucoup s’accorde à dire qu’Internet serait la bouée de la presse écrite naufragée.

Principaux effets de la crise traversée par la presse écrite : les baisses d’audience et de recettes publicitaires. En revanche, Internet est dans une dynamique d’accroissement incessant tant sur le plan de sa démocratisation que de son attraction auprès des financiers. Internet serait donc une alternative pour relancer l’attractivité des organismes de presse auprès des annonceurs et du lectorat. Ainsi Internet entraînerait la presse traditionnelle dans un cercle économique vertueux.

L’avenir des journaux semble tourner vers la complémentarité. Beaucoup partage les idées d’adopter une stratégie plurimédiatique et de développer la « marque ». Plus que jamais aujourd’hui, sur Internet comme sur papier, l’information a un véritable besoin de crédibilité. C’est en cela que la marque devient un enjeu de taille. Gérard Courtois le dit “la force su site lemonde.fr, c’est avant tout la marque Le Monde”.

A lire : Presse édition, internet et presse écrite “je t’aime moi non plus”, Virginie Lucchini et Audrey Hagard, étudiantes ESSEC, 10/10/2006

 

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